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Personnes âgées
Un débat en direct avec Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’autonomie
Mercredi 3 Mars 2021 à 17 h 07

Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’autonomie, a été reçue ce jeudi 4 mars 2021 à l’hôtel du Département, à Regourd-Cahors, par Serge Rigal, président. La ministre a participé à un échange avec plusieurs personnes en charge de l’aide à domicile dans le Lot. Il a été question de la revalorisation et de la reconnaissance de ce métier "alors que les aides à domicile se professionnalisent", du bien-être des personnes aidées, de la formation, des relations avec les familles, de l'isolement surtout en milieu rural, des difficultés liées à la crise sanitaire mais aussi des équipes Covid mises en place grâce à des volontaires. Cette discussion, retransmise en direct sur lot.fr a duré près d'une heure et quart.

"Si j'ai choisi de venir dans le Lot, ce n'est pas un hasard. Vous illustrez les enjeux de la transition démographique qui va devenir un enjeu national et vous faites partie des départements pilotes", a déclaré la ministre en réponse à l'introduction de Serge Rigal (lire ci-dessous). Maryse Maury, vice-présidente du Département, a présenté l'état des lieux de la situation de l'autonomie dans le Lot, avec une priorité : le maintien à domicile des personnes âgées.

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Serge Rigal, président du Département du Lot, a accueilli la ministre par ces mots :

" Madame la Ministre. J’ai une bien mauvaise nouvelle à vous annoncer : les gens sont heureux de vivre ici dans le Lot ! Mauvaise nouvelle parce que le Lot, qui est un très beau département, est aussi un département très attractif. Et je vais vous expliquer en quoi être attractif peut être parfois source de difficultés.

Cette capacité à attirer de nouvelles populations ne nous déplait pas. Effectivement, le Lot attire beaucoup de nouveaux résidents qui, durant leur vie professionnelle, ont enrichi d’autres territoires français et qui, par tropisme, viennent savourer ici une retraite douce. Dans le Lot, on y vit bien et on y vit souvent longtemps.  Jusque-là tout va bien.

Mais cette douceur devient un peu aigre quand ces mêmes personnes, quelques années plus tard, perdent leur autonomie.

Le Lot est beau, attractif, mais il n’est pas riche ! Les Lotois ne sont pas riches : le niveau moyen de retraite des Lotois est de 626 €, hors ressources annexes éventuelles. Une somme à mettre en perspective avec le coût moyen mensuel d’une place en résidence autonomie qui est de 1 080 €, et de 1 900 €en EHPAD. Comment les Lotois qui sont dans l’incapacité physique de rester vivre chez eux peuvent-ils s’en sortir ?

J’aimerais tant que toutes les personnes âgées du Département puissent avoir le choix : rester à domicile ou rejoindre un établissement. Mais dans ce pays qui fait partie des pays les plus riches de la planète, nos aînés, souvent très fragiles, n’ont parfois plus le choix : ils n’ont pas les moyens de s’offrir les services et le confort d’un établissement. Ils restent alors chez eux dans des conditions qui ne sont pas dignes des valeurs de solidarité auxquelles le Département est très attaché.

Nous y sommes : comment notre collectivité peut-elle faire face à des besoins croissants liés à la dépendance, alors que les ressources externes ne suivent pas ? Et ce n’est pas une simple affaire budgétaire : derrière, il y a des aînés en souffrance et des établissements en grande difficulté.

Second point, qui n’est pas totalement étranger au premier, je demande, je pourrais même dire je re-re-redemande, que s’exprime de la part de l’Etat une volonté d’inscrire réellement la politique de l’autonomie dans une gouvernance partagée. Nous n’avons plus les moyens de jouer aux riches. Quand nous sommes riches, nous pouvons peut-être nous permettre de préserver des chasses gardées, de montrer les muscles, d’ignorer les voisins. Mais au regard de la situation actuelle, il faut nous proposer des solutions pragmatiques, efficaces, économes, qui incitent les uns et les autres à mieux travailler ensemble.

Combien de temps, par exemple, allons-nous accepter que les EHPAD soient dans l’obligation de produire trois budgets, l’un pour l’hébergement, l’autre pour la dépendance et enfin un autre pour les soins ? Est-ce tolérable ? Combien de temps, cette situation et bien d’autres encore, tout autant ubuesques, vont-elles perdurer ? Nous souhaitons travailler plus étroitement avec l’ARS, être considérés comme un réel partenaire et non, comme nous le constatons parfois, comme un exécutant d’une politique nationale, sur la base de décisions prises à Paris qui font fi des réalités de terrain.

Votre présence ici et le contenu-même de votre visite vont dans ce sens de l’écoute.  J’ose espérer que cela augure de bonnes nouvelles pour l’avenir".

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